
Kings Landing a vu le jour des suites du mégaprojet de
barrage de Mactaquac, qui a débuté dans les années 1960. Le gouvernement
du Nouveau-Brunswick, voulant répondre à la demande grandissante en
électricité, décide alors de construire un barrage sur le fleuve
Saint-Jean, à la hauteur de Mactaquac, pour créer un réservoir de 100 km
en amont, jusqu’à Woodstock.

Inévitablement, ce
réservoir inondera des communautés et fermes historiques de la vallée du
fleuve. Il faut dire que le fleuve servait de voie de transport pour les
colonisateurs de la région. Devant cette menace, on décide de reconstituer
un «village» en déménageant des bâtiments représentatifs de leur époque ou
au caractère architectural unique des plaines inondables du fleuve. Ce
hameau deviendra le Village historique de Kings Landing. Au fil des ans,
ces bâtiments sont restaurés et meublés avec un grand souci
d’authenticité.
Le projet de Kings Landing prend forme et se donne
comme objectif de faire revivre la société du XIXe siècle dans
la vallée du fleuve Saint-Jean. Durant l’été, le village montre
l’évolution sociale de la région de 1780 à 1910, depuis ses
origines loyalistes jusqu’à la fin de l’ère victorienne. Les éléments clés
de ce musée à ciel ouvert se combinent pour présenter cette histoire. Le
paysage et les bâtiments reflètent la relation entre les habitants et leur
environnement naturel. De plus, chaque bâtiment restauré présente des
artéfacts dans le contexte d’une date précise. Les bâtiments et objets
d’époque sont adéquatement présentés, en relation directe avec nos
ancêtres.
Nous sommes fiers de l’authenticité des restaurations
et de la façon dont nous interprétons l’évolution de la famille et de la
communauté en bordure du fleuve Saint-Jean. La période représentée est une
époque de grands changements et d’évolution fulgurante pour le
Nouveau-Brunswick. Les Loyalistes ont posé les jalons des structures
socioéconomiques de la province et ont établi des colonies sur les rives
des principaux cours d’eau. Au tournant du siècle, l’économie de la
province reposait en grande partie sur l’exploitation forestière et
l’exportation de bois, activités desquelles sont nés des centres de
commerce tels que Saint John, St. Andrews, Newcastle et Chatham.
Qui étaient les «loyalistes»? Ils étaient des réfugiés
de la guerre de l’Indépendance américaine qui avaient promu, envers et contre tous,
leurs croyances et convictions en soutenant la
métropole. Ils venaient de chacune des Treize Colonies et représentaient
toute la gamme des classes sociales.
À la fin de la guerre, de nombreux loyalistes se voient confisquer leur
maison et déclarer ennemis publics. Ayant perdu après avoir tout donné
pour leur cause, ils n’osent pas retourner chez eux. Se rendant compte de
la gravité de leur situation, la Grande-Bretagne leur accorde des terres
au Canada, en Nouvelle-Écosse et aux Bermudes. Au printemps et à l’automne
de 1783, des milliers de loyalistes arrivent à l’embouchure du fleuve
Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick qui fait alors partie de la
Nouvelle-Écosse. Ce n’est qu’en 1784 qu’il deviendra une colonie
indépendante.
Les loyalistes forment un groupe très varié. Ils ne
viennent pas tous de familles bien en vue, comme certains le pensent. Ils
représentent plutôt l’ensemble des Américains de l’époque : quelques
familles fortunées, beaucoup de fermiers et d’ouvriers de métier et même
des esclaves. La plupart sont des gens ordinaires qui ont pris une
décision extraordinaire. Peu importe leur origine, leur avenir s’annonce
difficile.
Les premières années le sont effectivement. Le
gouvernement britannique leur fournit des semences, des outils et de la
nourriture. Ceux qui arrivent à la fin de l’automne de 1783, n’ont qu’une
tente pour passer leur premier hiver au Nouveau-Brunswick.
Découragés,
certains abandonnent et retournent aux États-Unis ou même en Angleterre.
D’autres découvrent que la terre qui leur a été octroyée n’est pas
productive et s’installent dans d’autres concessions. À la fin des années
1780, leurs terres sont productives et leurs boutiques rentables – les
loyalistes ont pris racine dans leur nouvelle patrie.
Au XIXe siècle, des milliers d’Écossais,
d’Irlandais et d’Anglais immigrent dans la province et participent à son
défrichement et son développement. Au début du règne de la reine Victoria,
les artisans du Nouveau-Brunswick sont reconnus pour la qualité de leurs
meubles, leur argenterie, leurs tissus et leurs produits manufacturés. Les
fermes, biens installées depuis plusieurs décennies, sont prospères, et
les possibilités de commerce permettent tous les espoirs chez les
manufacturiers alors que le Nouveau-Brunswick se joint à la Confédération.
Les bateaux à vapeur, chemins de fer et lignes télégraphiques relient la
province au reste du Dominion et du monde. Cette évolution est racontée de
la perspective des familles qui ont vécu et travaillé le long du fleuve
Saint-Jean il y a plus de 100 ans.
Kings Landing fait
revivre plus d’un siècle d’histoire et de patrimoine du
Nouveau-Brunswick : le XIXe siècle. Vous pouvez toucher,
goûter, entendre et voir le quotidien à cette époque et en faire
pleinement l’expérience. C’est plus que de l’histoire, c’est de l’histoire
bien racontée.
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